17 novembre 2013

4 min. de lecture

Mindmap et écriture

Pour rebondir sur l’article de David qui prépare son NaNoWriMo, voici un rapide point sur mon utilisation des mindmaps dans le cadre de l’écriture de fiction1.

Cela ne peut pas plaire à tout le monde

Les cartes heuristiques2, ce n’est pas pour tout le monde. On n’arrête pas de le répéter sur OLSF: à mon sens, il faut s’entourer des outils qui nous permettent d’avancer, sans trop se poser de questions. Du coup, on peut tester différents moyens de structurer ses idées, et les mindmaps n’en sont qu’un parmi d’autres.

Je comprends tout à fait le rejet de David par rapport à cela3, puisque c’est quelque chose que j’ai déjà ressenti. Les premières fois sur mon iPad, devant l’interface de ce qui allait devenir mon outil préféré sur cette plate-forme, je ne savais pas par où commencer. Comment poser sur cette feuille blanche une structure sans savoir où j’allais ?

Comme David, je pense, je voulais coucher directement mes idées de structure, et essayer de les organiser en même temps dans le logiciel.

Dump mémoire

Et puis, un déclic apparut en lisant un article sur le sujet (c’était il y a quelques années, ne me jetez pas de pierres, mais j’ai perdu le lien): je m’y prenais mal.

Car l’astuce, c’est justement de ne rien organiser. Il s’agit de vider le cerveau de toutes les idées, avortons de moments, bouts d’histoires, étincelles, au fur et à mesure que ces idées arrivent. Un premier mot en appelle un autre, je ne réfléchis pas à savoir si c’est utile ou non, si je vais m’en servir ou pas, si c’est stupide ou très intelligent: cela c’est pour plus tard.

![minmap sur mon carnet][moleskine]

Par contre, je déverse littéralement tout le contenu de mon cerveau, comme on pourrait le faire avec un premier jet de manuscrit.

Pour le premier jet, il s’agit de cracher l’histoire, de se la raconter. Tout le reste (style, cohérence, descriptions, langage, j’en passe), ce sera pour plus tard.

Idem pour le mindmapping. Jeter simplement les mots comme ils viennent, l’un en entraînant un autre.

Cela ne fait pas la structure

Non, et c’est l’une des conclusions de David, d’ailleurs. Par contre, toutes les idées sont collectées dans un endroit unique, et je peux y revenir à tout moment lors de l’écriture de l’histoire. Par exemple, comme j’utilise Scrivener, j’intègre ces maps dans la section recherches du logiciel.

![Mindmap intégrée dans Scrivener][mindscriv]

Cela peut aider à créer la structure

Je dégaine cet outil lors de différentes phases de la création: lors de la première idée, lorsque je suis confronté à un problème dans mon plot, lorsque je cherche à évaluer le rythme de mon histoire… Et lorsque j’essaie de dégrossir une structure. Car si c’est sur le plan de mon histoire que je réfléchis, je peux ensuite exporter la carte en question dans un fichier .OPML, et l’intégrer soit directement dans Scrivener (chaque item de la carte est alors converti en titre de chapitre), soit dans un autre outil texte comme Tree.

Basiquement, je me retrouve avec une liste à tirets.

C’est le bon moment alors pour trier et réorganiser, éliminer des points ou en rajouter, bref, pour donner une cohérence à l’ensemble de ces idées.

Ce n’est qu’un outil

La mindmap n’est donc qu’un outil d’aide à la conception d’histoire. Comme tout outil, on peut le customiser, l’adapter à ses besoins, le dévier de son utilisation première, ou encore le négliger, projet par projet.

Un autre exemple: le point de départ d’un roman YA en cours d’écriture

Dans mon propre cas, cet outil me permet de bien dégrossir les idées qui fusent dans mon cerveau compliqué (et tordu), d’en perdre a minima et de m’en servir de référence plus tard dans le projet.

Cela me permet également de structurer un peu ma réflexion face à un problème (page blanche, cohérence, idée pour sortir d’une situation, j’en passe).

[moleskine]: http://www.osezlasf.net/wp-content/uploads/2013/10/mindmapping-pour-Ximera.jpg « Ici pas de structure, mais un instantané des indices semés au cours de l’histoire, tout au long du roman (pour info: Ximera, par bibi.) »

[mindscriv]: http://turbo.cyrilvallee.net/mindmap-scriv.png « A disposition dans Scrivener »


  1. En fait, je m’en sers pour tout travail d’écriture, l’usage n’est bien sûr pas réservé qu’à la fiction. ↩︎

  2. Un peu pompeux, n’est-il pas ? C’est pourtant la définition Wikipedia. ↩︎

  3. Et encore dans le cadre serré de la création de sa structure pour écrire la fiction, il me semble. ↩︎