La création des habitudes.

Pour être plus précis, la création de bonnes habitudes, auxquelles j’essaie de me conformer pour plus y penser, est à la fois essentielle et difficile à acquérir. Une bonne habitude peut amener à un objectif bien plus rapidement et facilement que de se forcer à faire quelque chose par à coups.

Se créer de bonnes habitudes est très important.

Comme celle d’écrire tous les jours (ou, plus pragmatique, l’idée de toucher son manuscrit / histoire tous les jours), en encore rester constant dans la pratique de la méditation. Pourtant, sans que je ne trouve de (bonne) raison, elles sont difficiles à établir et à faire durer. Parfois, on est à la limite de la résolution de nouvelle année. Ainsi, j’ai lâché ma pratique quotidienne avec Headspace il y a quelques semaines, mais j’ai récemment ressenti le besoin de m’y remettre très récemment.

Cela m’a permis de découvrir que cette formidable application a été francisée, et la voix qui nous guide est vachement bien.

Parfois, pour renouveler l’intérêt, un petit poil de nouveauté peut aider.

notes

⦿ ⦿ ⦿ ⦿

Capables du pire comme du meilleur

Comment accorder le fait que les relations humaines peuvent apporter à la fois le meilleur et le pire dans la vie ?

Nous sommes des êtres sociaux, et nous avons besoin des autres pour être pleinement épanouis. Pourtant, ces relations peuvent nous apporter les pires moments comme le bonheur dans nos vies. Cette contradiction n’est pas si difficile à comprendre. Comme tout ce qui est important, ces relations peuvent nous rendre extrêmement heureux quand elles se passent bien, et dépressifs quand elles ne fonctionnent pas. Les gens en général sont l’aspect le plus changeant et flexible de notre environnement. Ainsi, la même personne peut rendre votre matinée merveilleuse et votre soirée misérable.
Nous dépendons tellement de l’approbation et de l’affection des autres que nous sommes très vulnérables à la façon dont ils nous traitent.

Devons-nous pour autant rester seuls ? Probablement pas. En revanche, apprendre à gérer un peu de distance quand c’est nécessaire, avoir conscience de cette idée, et ne pas en vouloir à l’autre peuvent certainement aider.

notes

⦿ ⦿ ⦿ ⦿

Citation

The struggle ends when gratitude begins.
— Neil Donald Walsh

La lutte finit là où la gratitude commence. (Traduction approximative).

notes

⦿ ⦿ ⦿ ⦿

D'où viennent toutes vos idées ?

Très récemment un lecteur me posait la sempiternelle question. « Mais d’où vous viennent toutes ces idées ? » Ou cette variante : « moi ce qui m’épate, c’est que vous ayez autant d’idées » (ne pas s’y tromper, c’est bien une question cachée dans une affirmation.) Comme la réponse peut être complexe, j’ai répondu une banalité (« oh vous savez, les idées ce n’est pas ça qui manque »), et j’ai tout de suite pensé que c’était une erreur, car c’est à la fois frustrant pour moi et pour le lecteur qui m’a posé la question. Mais au fond, si je prenais le temps d’y répondre, que pourrais-je dire ?

Pour moi, les idées de romans sont toujours des collisions. De deux faits / notes / curiosités / whatever qui se rencontrent naît une nouvelle idée ou une situation ou le début d’une histoire. On comprend donc l’intérêt de collecter ces petits bouts, que ce soient des dialogues, des instants ou n’importe quoi qui éveille m curiosité. Je suis donc de ces gens qui transportent partout un petit carnet ou au minimum un bloc-notes numérique. Pour que les collisions arrivent, il faut tout de même les remuer dans un grand seau, ces fragments. Donc, et c’est au moins aussi important que la collecte, je relis régulières notes, pour me les remettre en tête, pour que ça « faisandé ».

C’est seulement après, quand je donne un peu d’espace à mon petit cerveau (une douche, une balade, un footing, un grand tour à moto), que les nouvelles idées émergent.

« D’où viennent donc vos idées ? — J’observe. Je collecte. Je relis. Ça mûrit. Et puis, je vais courir. Quand je reviens, en général j’ai quelques nouvelles idées pour mes histoires. »

Ouais, bon. Je ne suis pas certain que ça ne génère pas autant de frustration chez celui qui me pose la question.

notes

⦿ ⦿ ⦿ ⦿

Vivre libre

Cicéron aurait écrit que pour être complètement libre, on doit devenir esclave d’un certain nombre de règles.

En d’autres termes, accepter les limitations est libérateur (y-compris les siennes).

notes

⦿ ⦿ ⦿ ⦿

Se servir du passé pour améliorer la qualité de vie

La mémoire n’est pas un outil fiable : notre cerveau passe son temps à trier, classer, fixer notre attention sur certaines choses au dépens d’autres.

Souvenez-vous de cette vidéo durant laquelle on vous demande de compter le nombre de passes que les joueurs d’une équipe de basket se font : trop occupés à la tâche, nous ne voyons même pas le type déguisé en ours qui traverse l’écran, et nous ne nous souvenons que des joueurs, du ballon, du nombre de passes.
Pourtant, se souvenir du passé peut être une grande contribution à la qualité de vie. Cela peut nous libérer de la tyrannie du présent et rend possible pour notre conscience de revisiter les temps passés. Il est alors possible de sélectionner et de conserver en mémoire les événements particulièrement plaisants et significatifs, et donc de recréer un passé qui peut nous aider à appréhender le futur.

Un tel passé ne serait pas, bien sûr, littéralement vrai.
Mais le passé ne peut jamais l’être réellement : il est constamment révisé, édité, et la question devient alors seulement de savoir si nous prenons le contrôle créatif de ces révisions ou pas.

notes

⦿ ⦿ ⦿ ⦿

Pour vaincre la Résistance, en prendre conscience

Depuis quelque temps, je lutte pour progresser dans mes projets, notamment d’écriture. J’ai beau me mettre devant l’écran, je trouve toujours autre chose à faire que terminer ces projets en cours.

Je suis devenu une déité de la procrastination.

Hier, mon application de podcast préférée1 a fait remonter dans ma liste un épisode du podcast de Tim Ferris datant de 2016, durant lequel il interviewait Seth Godin. Jusqu’à ce jour, c’est l’un des épisodes les plus téléchargés. Et lors de cette écoute durant mon footing, Seth Godin cite le livre de Steven Pressfield, The War of Art, comme l’un des plus important qu’il ait lu.

Là, le déclic. Cette force qui s’oppose à moi pour finir ces projets, qui vient de l’intérieur, qui me pousse à tout faire sauf ce qu’il faut pour terminer ce que j’ai commencé, Pressfield la nomme RESISTANCE._ 

Alors, la première chose que j’ai faite, c’est de relire ce petit bouquin que j’avais lu il y a quelques années. Le simple fait de le lire, de prendre conscience que cette force existe, que c’est ça qui m’empêche d’avancer, a suffit pour me remettre au travail.

Prendre conscience d’un problème, accepter qu’il existe, c’est une grosse partie de la solution.


  1. Overcast ↩︎

notes

⦿ ⦿ ⦿ ⦿

Turning Pro - par Steven Pressfield


C’est la suite logique de The War of Art du même auteur. Ce petit livre décrit le moment où l’on décide de vaincre ce que Pressfield nomme la Resistance, et qui nous empêche de faire ce que l’on doit faire. Devenir pro, c’est une lutte de tous les jours, une révélation qu’on a et qui va nous permettre de finir ce qu’on commence (comme un livre, par exemple, mais cela peut s’appliquer à tous les domaines de la création.)
Le concept est simple, mais je le trouve brillant. Il m’a aidé dans mon écriture.

Turning Pro - par Steven Pressfield

  • ISBN: 1936891034
  • Lu le: 2017-09-23
  • Combien je le recommande: 8/10

Mes notes :

If you’re dissatisfied with your current life, ask yourself what your current life is a metaphor for. That metaphor will point you toward your true calling.

In the shadow life, we live in denial and we act by addiction.

There is no tribe. That gang or posse that we imagine is sustaining us by the bonds we share is in fact a conglomeration of individuals who are just as fucked up as we are and just as terrified. Each individual is so caught up in his own bullshit that he doesn’t have two seconds to worry about yours or mine, or to reject or diminish us because of it. When we truly understand that the tribe doesn’t give a damn, we’re free. There is no tribe, and there never was. Our lives are entirely up to us.

lectures

⦿ ⦿ ⦿ ⦿

Aventures au coeur de la mémoire - par Joshua Foer

Joshua Foer est un journaliste qui s’est intéressé au championnat américain de mémoire. Il rencontre alors Ed Cooke qui l’initie aux techniques de ces mémorisateurs hors pair, et le journaliste ce prend au jeu.
Ce livre décrit l’année qui suit, depuis les premiers entraînements jusqu’au jour du championnat auquel Foer participe et finit par remporter.
Intéressant parce qu’il décrit des techniques de mémorisation et parsème son récit de flashbacks historiques vers des temps où l’on apprenait avant tout à mémoriser afin d’apprendre.

Aventures au coeur de la mémoire - par Joshua Foer

  • ISBN: 2221109805
  • Lu le: 17 septembre 2017
  • Combien je le recommande: 7/10

Mes notes :

Le test d’empan mnésique chiffre la capacité de la mémoire de travail. La plupart des gens arrivent à retenir 5, 7 ou 9 chiffres en les répétant encore et encore (boucle phonologique).
C’est une mémoire à court terme qui ne conserve les sons que quelques secondes si nous ne les répétons pas.

L’agrégation consiste à diminuer le nombre d'éléments à mémoriser en augmentant la taille de chaque élément. Par exemple, on énumère nos numéros de téléphone par groupes de deux ou trois chiffres. On peut encore diminuer l’effort mnésique en divisant en deux paquets de dates significatives par exemple.
Ces informations sont à réinterprêter en fonction d’informations déjà stockées dans votre mémoire à long terme.

Les expériences sur les joueurs d'échecs révèlent une caractéristique très importante de la mémoire et de l’expertise en général : nous ne nous souvenons pas des faits en eux-même mais les mémorisons dans un contexte précis.

L’amnésique antérograde ne peut plus former de nouveaux souvenirs.
L’amnésique rétrograde ne peut plus récupérer une grande partie de ses anciens souvenirs.

Citation:

"Puisque le temps passe plus vite quand on s’amuse, le plus sûr moyen de ralentir le cours de l’existence est de s’ennuyer au maximum.”
Dunbar, le pilote du roman Catch 22 de Joseph Heller.

Dans la monotonie, le temps s’effondre sur lui-même ; dans la diversité, il se déploie. Voilà pourquoi il est important de changer régulièrement d’activité, d'éviter la routine, […] d’avoir des tas d’expériences nouvelles susceptibles de s’ancrer dans la mémoire.
La création de nouveaux souvenirs étire le temps psychologique et allonge éa perception que nous avons de la vie.

La vie semble s’accélérer, à mesure que nous vieillissons, parce qu’elle devient de moins en moins mémorable.

La “loi de Ribot” (psychologue français du XIXe siècle):

Nos souvenirs ne sont pas statiques. D’une façon ou d’une autre, ils changent de texture à mesure qu’ils vieillissent. Chaque fois que nous pensons à un souvenir, nous l’intégrons plus profondément dans le réseau de nos autres souvenirs, et nous le rendons par conséquent plus stable et moins susceptible d'être délogé de notre cerveau.
Mais en même temps, nous transformons aussi le souvenir, nous le reformulons, — à tel point, parfois, que la mémoire que nous conservons d’un événement n’a qu’une vague ressemblance avec l'événement qui s’est réellement produit dans le passé.

Le codage élaboratif:

L’idée principale des procédés mnémoniques, c’est de faire du truc barbant qui doit entrer dans ta mémoire, quel qu’il soit, un truc tellement pittoresque, tellement excitant, tellement différent de tout ce que tu as jamais vu qu’il t’est impossible de l’oublier.

Les palais de mémoire:

[…] il faut environ une douzaine de palais de mémoire parfaitement maîtrisés pour démarrer.

Mémorisation des chiffres:

Technique inventée en 1648 par Johann Just Winckelmann.
Code simple qui converti les valeurs numériques en unités phonétiques pouvant elles-même être transcrites en mots, lesquels peuvent devenir des images à stocker dans le palais de mémoire.

  • 0 –> s, z ou ç
  • 1 –> t ou d
  • 2 –> n ou gn
  • 3 –> m
  • 4 –> r
  • 5 –> l
  • 6 –> ch ou j
  • 7 –> k ou g
  • 8 –> f ou v
  • 9 –> p ou b
    Par exemple, 32 donne mn, 33 mm, 34 mr. On peut insérer des voyelles pour faire les mots. 32 devient mine, 33 mime, 34 mort.
    9857 peut être un beouf (98) qui tire la langue (57).

Par nature, la pratique délibérée doit être difficile. (Voir Talent is overrated par Geoff Colvin).

Sur la créativité:

Pour inventer, il faut d’abord disposer d’un inventaire approprié, d’une banque d’idées prééxistantes dans lesquelles puiser. En outre, il faut aussi que l’inventaire soit correctement indexé, afin de pouvoir trouver la bonne information au bon endroit et au bon moment.
Faits historiques importants, citations et idées [doivent être] rangés dans des cases mnémoniques spécifiques dont ils ne risquaient pas de disparaitre, et à partir desquelles ils pouvaient être recombinés et associés les uns aux autres au fil de la pensée. [Cela sert à] fabriquer de nouvelles connexions entre les idées anciennes et mémorisées.

lectures

⦿ ⦿ ⦿ ⦿

Deux heures de lucidité : Entretiens avec Denis Robert et Weronika Zarachowicz - par Noam Chomsky

Chomsky est controversé en France, mais j’ai beaucoup de respect pour Denis Robert, ce qui m’a amené vers ce livre avec curiosité. Connu comme un “agitateur” politique, réputé “libertaire” et “radical”, Chomsky développe des idées simples qui montrent l'évolution de nos sociétés occidentales et leur orientation “vers le privé”.
Dans cet entretien, sont abordés des thèmes aussi variés que les centres de pouvoir, le capitalisme, la démocratie, l'économie invisible, ou les médias.
Bonne introduction à la pensée de Noam Chomsky, ce petit livre est rendu très accessible par le format interview.

Deux heures de lucidité : Entretiens avec Denis Robert et Weronika Zarachowicz - par Noam Chomsky

  • ISBN: 2912485126
  • Lu le: 18 avril 2017
  • Combien je le recommande: 7/10

Mes notes :

Plus un groupe est puissant, plus il met en avant des hommes politiques qui servent ses intérêts.

L’information est d’abord une valeur marchande, ensuite un moyen de trafiquer de l’influence, enfin le théâtre de conflits d’intérêts dont les enjeux dépassent notre compréhension immédiate.

Les énormes firmes de relations publiques, de publicité, d’art graphique, de cinéma, de télévision… ont d’abord pour fonction de contrôler les esprits. […] Il faut créer des murs artificiels [comme la consommation], y enfermer les gens et les isoler les uns des autres.
L’Organisation Mondiale du Commerce est une arme de guerre contre la démocratie. Son objectif est de transférer encore plus de pouvoir entre les mains des dirigeants d’entreprise.

À propos de la confusion croissante entre l'État et les intérêts des grandes entreprises:
C’est la transformation majeure de ces vingt-cinq dernières années: beaucoup de grandes décisions politiques ont consistéà transférer le pouvoir du secteur public au secteur privé.

La montée en puissance des entreprises et les accord commerciaux sont des tentatives pour restreindre la démocratie.

Plus une société est libre, plus elle a recours à la peur et à la propagande.

lectures

⦿ ⦿ ⦿ ⦿